On continue dans la rediff des anciens billets de ce blog …
Aujourd’hui, la reprise de celui sur les haikus, que je m’étais amusée à faire
()()() Haïku ()()()
Haïku, ce mot désigne de courts poèmes japonais.

Le Haïku, dont la paternité est attribuée à Basho (1644-1694) répond a des règles strictes. Oui, oui, je me suis un peu documentée
La structure d’abord : c’est obligatoirement un tercet de 17 syllabes (5/7/5). Cette contrainte n’est pas applicable dans la structure et la syntaxe des dialectes occidentaux. Cette contrainte ne s’applique donc que pour les Haïkus écrits en langue japonaise. La syntaxe japonaise n’ayant rien à voir avec l’occidentale, inutile, donc de vous cassez les pieds avec le 5/7/5 … ou comment ne pas être plus puriste que les japonais …
Les thèmes et le style : il contient une référence à la nature. Sobre, précis, subtil, sans artifice littéraire, il évite les marques habituelles du poétique, telle la rime et la métaphore. Loin du grand souffle lyrique occidental, le haïku peut sembler anodin au premier abord, en fait, il est d’une subtilité absolue. Là pas de concessions, pour les orientaux … pas comme pour la syntaxe, c”est O BLI GA TOI REU !!!
Les mots étant comptés, il faut aller à l’essentiel, mais malgré tout, du fait de sa simplicité, le Haïku arrive à transmettre des sentiments,des instants, des émotions fortes. C’est un regard, une fenêtre ouverte sur les petits riens de la vie de tous les jours et du monde qui nous entoure. C’est en ça que c’est génial les haikus … gnial et surtout à la portée de tous le monde, finalement …
Le Haïku célèbre au Japon, a dépassé ses frontières. A travers le monde de nombreux Haïkistes (je ne sais pas si le terme existe …)s’essayent à cet art vieux de 3 siècles.
Une dernière chose.. le Haïku ne se savoure vraiment que lu à haute voix… voir déclamé !

Quelques Haikus … les maitres japonais pour commencer
Dans le vieil étang
Une grenouille saute
Un ploc dans l’eau!
Basho
Sur la cloche du temple
S’est posé un papillon
Qui dort tranquille.
Buson
Sur mon chapeau
La neige me paraît légère
Car elle est mienne.
Kikaku

Quelques exemples de Haïkus modernes et de tout pays
Première neige cette nuit.
Mais la trace de tes petits pas est absente.
Ce temps-là est loin!
je ne peux voir
la maison de ma voisine
j’imagine sa lumière
Deux draps blancs
Claquent au vent
Promesse de frisson nocturne
Flambée sauvage
Ronde païenne
Pour fêter Saint Jean
Pinceau plein de bleu
Un coup sur le volet
Un coup sur le ciel
Orage d’été-
Le petit linge de ma voisine
Bien accroché
Nuit calme
Dans les phares d’une auto
Un lapin s’enfuit
Vent coquin de l’été
Filles sans soucis
Dans leurs jupes courtes
matin encore nuit
elle consulte l’horaire des bus
en buvant le thé
Plaisir d’été
Pisser
Sous les étoiles
collines de ses seins
je les ai parcourues
du bout des doigts
feuilles mortes
dans la lumière d’automne
tranquillement
à la cloche du matin
combien de feuilles as-tu encore perdues
cerisier dans la brume
Fonte des neiges
Le vieil épouvantail
a les pieds dans l’eau
Plastiques et vieux bidons
La mer
Clochardisée
Sept guetteurs de pierre
Trois messies boiteux
Une alouette
Un corbeau dans la bise
M’a raconté
Des balivernes
En secret
Le printemps me manque
Je vieillis
J’épluche une poire
Du tranchant de la lame
Le goutte à goutte sucré
L’herbe des champs
Libère sous mes semelles
Son parfum
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Combien de fois Ne me suis-je interrogé Sur l’épaisseur de la neige dehors
|
si vous le permettez, je vais vous presentez ceux que je me suis amusée à composer
Les haikus de MaG
Je me lance ? j’essaye de retranscrire en Haiku, ce que j’ai vu tout à l’heure
premiers frimas de l’hiver
le chat hume l’air
pose une patte sur le sol froid et sort
l’automne vole aux grands arbres
ses feuilles multicolores
et les donne au vent
dimanche matin
le nez à la fenetre
je regarde le monde
Pas mal pour un début …. je ne suis pas peu fière de moi !!!!!
Dans le billet suivant, je lançais ma seconde salve d’haikus perso … la suite des haikus de MaG
J’en rajoute quelques uns de ma composition, soyez indulgents, je débute !!!!
un mulot insouciant
un chat en goguette
danger à la croisée des chemins
du fond du grenier
extirpé de la vieille malle
un roman d’aventure poussiereux
le temps se réchauffe
le bonhomme de neige a mauvaise mine
il pert son embonpoint
les crapauds croassent
au bord de l’étang
ma sieste est compromise
du sable fin sur la plage
un rayon de lune se reflète
un bain de minuit nous attend
de la fenêtre, les senteurs de l’été
de la cuisine l’arôme du café frais
du fond de mon lit je m’étire
du haut de la montagne
nuit noire dans la vallée
illuminée telle mille étoiles, la ville
les crissements du coq de la girouette
annoncant le vent d’est
de la pluie pour cette nuit
une porte entrouverte
son regard aimanté
sur la dentelle de mes dessous
une abeille assoiffée
s’ennivre sur la fleur
d’une goutte de rosée
odeurs de tarte aux pommes
chaude et croustillante
la cuisine respire
accident stupide
deux escargots percutent une tortue
elle ne les a pas vu venir
sous la tonnelle de glycine
midi, c’est l’heure de l’aperitif
pastis et olives accompagneront l’eau fraiche
voilà les quelques Haïkus qui me sont venus à l’esprit
Si le coeur vous en dit…. lachez vous c’est facile finalement les haikus …..